Histoire de l’aviation (1949)

Grand œuvre de René Chambe, cet important ouvrage eut un très grand succès au point de tenir longtemps la place de référence. Histoire de l’aviation reste l’un des livres les plus cités et les plus connus de l’écrivain-aviateur. Ne se bornant pas à une approche « froidement » encyclopédique, l’auteur, fidèle à lui-même, fit de ce travail une fresque vivante des aviateurs et des avancées technologiques.

Flammarion, après avoir confié deux grands ouvrages à deux académiciens, Claude Farrère pour l’Histoire de la Marine française et le général Weygand pour l’Histoire de l’Armée française, avait compris qu’il trouverait en René Chambe un attrayant équilibre entre la recherche de la rigueur historique et le talent du conteur. Autrement dit, René Chambe saurait raconter l’Histoire de l’aviation autant qu’en faire un exposé précis et complet. N’oublions pas qui était René Chambe à la fin des années 30, fort déjà de plusieurs succès littéraires, car c’est bien à cette époque que le projet fut lancé avec Flammarion, projet interrompu par la guerre pour ne prendre forme qu’en 1948-1949 pour la première des six éditions. Edition, qui étonnamment, offrait aux lecteurs un livre dont le chapitre de clôture et la conclusion faisait état de l’aviation en… 1939 ! Il fallut attendre la deuxième édition en 1958 pour découvrir toutes les dernières avancées aéronautiques, y compris le traitement de la guerre de 1939-1945, ce qui augmenta considérablement le contenu du livre. On peut observer que cette édition de 1949 – avec son texte de 1939 – ne comporte pas véritablement de conclusion. C’est plutôt la deuxième et dernière partie du dernier chapitre (« Mais de nouveau le vent d’est souffle« ) qui en fait office avec ce titre éloquent et bien pesé : « Civilisation« . A sa lecture (lire les extraits plus bas), René Chambe ne s’avère pas seulement un historien de talent, maniant un style agréable au service du contenu historique, mais prend sa plume de philosophe, capable d’une acuité visionnaire sur les désastres à venir causés par la puissante aviation. Six ans plus tard, deux bombes atomiques vont tomber du ciel, après plusieurs années d’atroces bombardements « conventionnels ». Cependant, fallait-il être visionnaire ? René Chambe nous répondrait non car dès ses premiers romans, et surtout avec Altitudes… , il met en garde contre les volontés utopistes, illusoires et dangereuses du désarmement.


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Diaporama : les couvertures des six éditions de l’Histoire de l’aviation chez Flammarion : 1949 (avec et sans jaquette), 1958, 1963, 1972, 1980 et 1987.


En 1949, René Chambe – qui se présentera par trois fois à l’Académie française (1956, 1966 et 1968) – n’était plus officier d’active. Avant même la fin du conflit, il avait publié avec Flammarion « Equipages dans la fournaise, 1940 » (1945) et dans cette même année 1949, il publia pour les éditions Marcus « Guynemer« , un album-disque illustré. En 1947, son premier éditeur, Baudinière, avait réalisé de nouveaux tirages des tous ses livres précédents. C’était une heureuse manière de préparer l’arrivée de l’Histoire de l’aviation. En 2001, c’est un autre historien de l’aviation, Bernard Marck, qui reçut « en héritage » l’œuvre de Chambe. En effet, Flammarion lui confiait la belle mission de prendre la suite et de reprendre l’ouvrage à sa manière (il avait déjà ajouté un chapitre à la version de 1987). Mais bien avant, c’est un autre auteur que l’on pouvait lire : Edmond Petit. Il publia en effet pour les Presses Universitaires de France une Histoire de l’aviation dans la fameuse collection Que sais-je ? (n°172, PUF, 1966) et c’est en 1967 que sortit une version grand format illustrée : L’histoire mondiale de l’aviation (Hachette), un livre qui constituait une concurrence à ne pas sous-estimer… tombant entre les deux éditions de 1963 et 1972 de René Chambe. C’est Edmond Petit qu’avait choisi le documentariste Daniel Costelle pour intervenir dans sa passionnante série documentaire Histoire de l’aviation en 1977. Cependant, l’ouvrage de René Chambe, tout spécialisé qu’il fut, aura connu un très beau succès dépassant largement les 100 000 exemplaires (90 000 à la 4e édition).


René Chambe - Historique aviation Revue Belle France c1930

En 1936, René Chambe publie pour un hors-série « L’aviation de France » de la revue La Belle France un court texte joliment illustré et composé, et intitulé sobrement « Historique ». On peut le lire finalement comme une note d’intention de ce que sera son Histoire de l’aviation qu’il rédige dans la foulée car c’est à la suite de cette publication que Flammarion sollicite Chambe début 1937. (La Belle France, hors-série spécial, 2e année, Nov. 1936 « L’aviation de France »)


Mais encore…

P1130019es femmes, que René Chambe désignait non sans tendresse ni ironie « d’ennemies de l’aviation », trouvent dès la première édition une place de choix puisqu’il leur consacre un chapitre. En vérité, il témoigne avec admiration de leur audace plus encore que leurs exploits eux-mêmes. En 1937, il avait écrit son « Hélène Boucher, pilote de France » (Baudinière), à la gloire de l’aviatrice emportée tragiquement par sa passion du vol et des records. Mais c’est un document plus confidentiel que l’on trouve au Service Historique de la Défense qui marque encore son intérêt pour la figure féminine : « Le dernier tango », un projet de scénario datant des années 30 inspiré, disait-il, par la jeune aviatrice anglaise Helen Ponsonby, tombée dans l’oubli.

Deux artistes, peintres officiels de l’Air, sont appelés par Flammarion pour illustrer brillamment la première édition. La jaquette pour la couverture revient à Albert Brenet qui dessine une composition tout en mouvement où s’entrecroisent un puissant bimoteur et une femme ailée, allégorie de la conquête de l’air. Ils dominent un biplan – qui pourrait être celui de Gabriel Voisin – nous rappelant les âges déjà lointains des pionniers du début du siècle. A l’intérieur, chacun des douze chapitres s’ouvre avec une aquarelle hors-texte de Paul Lengellé qui produira de nouvelles illustrations et une illustration de couverture pour les besoins des éditions suivantes. En 1955, il illustre également son livre Au temps des carabines, toujours chez Flammarion.


René Chambe - Paul Lengellé - Autogyres - Histoire de l aviation 1949

« Une vision d’avenir : vols d’autogyres au-dessus des buildings newyorkais. – Aquarelle de Paul Lengellé« . Le lecteur de l’édition de 1949 pouvait admirer cette douzième « planche couleur » qui ouvrait le dernier chapitre du livre. Lengellé devrait compléter les éditions suivantes pour illustrer l‘avenir avec des avions à réaction, engins supersoniques et autres fusées extraordinaires…


Tour de piste des six éditions

1949 ///   Ce livre a aujourd’hui le caractère du « livre ancien », un beau papier à toucher en in-4°, de la dorure sur la tranche supérieure et sur le motif de la première de couverture (pour certains tirages de l’édition), une couverture souple puis rigide habillée d’une jaquette illustrée par Albert Brenet, un texte illustré par 800 héliogravures (noir et blanc) et 12 aquarelles reproduites en couleurs de Paul Lengellé, enfin d’originales lettrines ornées ouvrent chaque grand chapitre (voir supra). C’est un bel objet. Bien qu’édité en 1949, le texte est celui qui fut préparé en 1939 à la veille de la guerre qui s’annonçait, ce qui lui donnait d’emblée un caractère obsolète sur les dernières avancées en aéronautique. On pouvait s’en étonner ou prétexter au contraire du recul nécessaire à toute approche historique… Mais sa conclusion a posteriori est saisissante (lire l’extrait plus bas).

1958 ///   De douze chapitres initiaux, le livre est porté à vingt chapitres. Cette rallonge fait la part belle à la Deuxième Guerre Mondiale alors que le dernier chapitre fait état de « L’aviation d’aujourd’hui » allant des avions à réaction aux premières tentatives de vols dans l’espace intersidéral. En 1955 par exemple, la légendaire Caravelle de Sud-Aviation effectuait son premier vol d’essai… Le papier, plus blanc et plus fin, permet à l’éditeur de proposer l’ensemble en un seul tome aussi compact que le premier. La jaquette est illustrée cette fois par Paul Lengellé qui peint l’immensité bleue du ciel griffée par trois sillons de vapeur d’une patrouille d’avions à réaction. Le titre est augmenté du sous-titre « des origines à nos jours« . On peut encore trouver le livre sous forme de fascicules édités par Flammarion avant l’édition intégrale et ornés d’une couverture signée Albert Brenet.


René Chambe - Histoire de l aviation Fasc 8 Ed Flammarion 1958.jpg

Moins répandues sont les éditions sous forme de fascicules comme ici, celle de 1958, où Albert Brenet mêle les derniers avions de chasse à un biplan des années 30, à une fusée et à la montgolfière de Pilâtre de Rozier.


1963 ///   A venir…

1972 ///   L’ouvrage comporte désormais vingt-deux chapitres. L’allégorie de la conquête de l’air (et de l’espace…), vole toujours plus haut et toujours plus vite. En 1947, René Chambe avait parié lors d’une conférence que l’homme marcherait un jour sur la lune. L’affirmation avait été accueillie avec une certaine émotion, entre des manifestations d’incrédulité et des sourires. Avec cette édition de 1972, Chambe raconte bien sûr les premiers pas de 1969 et les missions Appolo, mais il met à l’honneur un autre fleuron industriel : Concorde. La jaquette revêt une tournure scientifique où le photographe Michel Otthoffer laisse entrevoir une silhouette d’avion sous le prisme – disons la trainée – de la « mécanique des fluides ».

1980 ///   René Chambe a quatre-vingt-onze ans lorsque sort cette 5e édition revue et augmentée d’un vingt-troisième chapitre intitulé « L’aviation au seuil de son premier centenaire« . Ariane, Airbus, Dassault pour ne citer que l’industrie française se partagent la vedette. C’est l’ultime édition du vivant de l’auteur. Le livre est toujours abondamment illustré de 1160 images et des 20 planches hors-texte en couleurs de Paul Lengellé. La jaquette, plus traditionnelle cette fois, arbore sur un fond d’horizon de mer et de ciel, l’impressionnante aile d’un quadriréacteur Boeing 707 au-dessus de laquelle évolue un vaillant ancêtre de chasse de la guerre 14-18 (photo Gamma-Simon, Jac Remise).

1987 ///   Dernière édition, posthume, sous le nom de René Chambe, cette 6e version est un tirage rafraichi de la version de 1980 pour lequel l’éditeur a demandé à l’historien Bernard Marck d’ajouter un vingt-quatrième chapitre. Un imposant quadriréacteur Airbus traverse le ciel et la jaquette. En 2001, Bernard Marck prend tout à fait le relais pour la maison Flammarion et propose un ouvrage signé cette fois par lui.


René Chambe - Bernard Marck Histoire de l aviation Ed Flammarion 2001

Histoire de l’aviation chez Flammarion reprise par Bernard Marck (2001). René Chambe l’avait bien écrit, ce n’était que le début d’une histoire qui s’était ouverte sous ses yeux et de son vivant, « au seuil de son premier centenaire« .

René Chambe - Histoire de l-aviation envoi de Lattre de Tassigny 1950

L’exemplaire ayant appartenu au général de Lattre de Tassigny, son compagnon d’arme et chef pendant la Campagne de France de 1944-1945 de la Provence à l’Allemagne, avec ce bel envoi de l’auteur : « Au général de Lattre de Tassigny, au chef prestigieux de la Première Armée Française « Rhin et Danube » qui a ramené la victoire sur nos drapeaux, ce livre à la gloire de tous ceux qui ont livré et qui livrent encore aujourd’hui la bataille la plus grandiose que l’Homme ait jamais osé engager contre les forces aveugles de la Nature. Hommage d’admiration, de très profonde et très respectueuse affection. René Chambe. Janvier 1950 » Collection privée. Photo enregistrée lorsque l’ouvrage était en vente en ligne.


Extraits

Avant-propos de la première édition (1949) (extraits)

[…] Nulle invention [l’aviation] n’aura été désirée avec plus de ferveur et, une fois découverte, n’aura davantage enthousiasmé les foules. Après tant de siècles, tant de millénaires d’attente, parfois désespérée, il n’y a guère aujourd’hui plus de quarante années (quarante années seulement !) que l’homme est enfin parvenu à voler, c’est-à-dire, au sens propre du mot, à circuler et à se diriger dans les airs non à la merci des éléments, mais en les dominants comme les domine l’oiseau, au moyen d’un vol mécanique. […]

Écrire l’histoire de l’aviation avec aussi peu de recul, alors que la plupart des acteurs sont encore là pour apporter leurs témoignages est à la fois un avantage et un danger. Il en va, en effet, de l’Histoire comme d’une chaîne de montagnes. Pour en bien distinguer les sommets, il faut les observer de loin. […] Les faits qui en tissent la trame glorieuse se sont succédés avec une rapidité, dans un bouillonnement si prodigieux, qu’il est obligatoire de les trier, de les choisir, afin de ne retenir que ceux qui seront susceptibles de contribuer dans l’avenir à restituer à cette lutte dramatique de l’être le plus dépourvu de la création – l’homme – contre l’élément le plus redoutable, le plus pernicieux, le plus perfide – l’air – son caractère véritable, sa physionomie exacte.

[…] Les aviateurs de tous les pays, quels qu’ils soient, y trouveront l’hommage qu’ils méritent. Les aviateurs français y recevront la part qui leur revient. Elle est grande. Il est permis de de rappeler, au seuil de cette étude, que le premier homme qui a quitté le sol est un Français : Pilâtre de Rozier ; que le premier homme qui a volé sur un plus lourd que l’air est un Français : Clément Ader ; que le premier homme qui a franchi une mer en avion est un Français : Louis Blériot.

[…] C’est à force de volonté, de dévouement et de ténacité acharnée que les résultats de l’époque présente ont pu être obtenus. C’est à force de patience, de foi invincible, que des ailes ont enfin poussé à l’homme condamné depuis tant de siècles à cheminer dans les ténèbres. Inventeurs, ingénieurs, pilotes, techniciens, radios, mécaniciens, tous, oubliant leurs peines et leurs souffrances, ont lutté et se sont obscurément dévoués pour le triomphe final. Connus et inconnus, et ceux-là « encore plus grands de n’être pas nommés », tous ont droit à la même reconnaissance et à la même gloire. C’est pour eux qu’a été écrit ce livre. Grâce à eux, l’avion, tel un soc flamboyant enfoncé en plein ciel, ouvre aujourd’hui la route de l’avenir. Rien ne l’arrêtera.

Paragraphe de conclusion de la première édition (1949) : « Civilisation » (extraits)

En cette année 1939 [rappelons une dernière fois que la première édition de 1949 publiait un texte achevé en 1939. NDLR], de nouveau la paix du monde est, en effet, en péril. Aucun esprit, même le moins clairvoyant, ne peut conserver d’illusions. Que ce soit en Europe, en Amérique, ou en Asie, le spectre de la guerre, que les Alliés, victorieux en 1918, ont eu l’imprudence de mal ensevelir, se dresse, une fois encore, sur l’horizon. La catastrophe ne sera pas évitée.

L’aviation va être appelée à jouer un rôle de premier plan. Et l’on ne peut s’empêcher de songer avec angoisse à sa terrifiante puissance de destruction.

La population entière, hommes, femmes, enfants, vieillards, des nations précipitées dans la guerre, participera aux opérations. Est périmée, révolue sans retour, la notion de jadis qui voulait que le sort de la guerre fût réglé par quelques batailles gagnées ou perdues, à l’aide d’un nombre limité de soldats. A cause de l’aviation et par l’aviation, l’incendie qui naguère se contentait de ravager la ligne de combat se propagera demain au plus profond des pays. Personne ne sera épargné. La guerre, le principe est immuable, a toujours été une question de force et pas autre chose. Elle est avant tout, aujourd’hui, une question de force d’aviation. Malheur aux nations qui n’auront pas su à temps se constituer une aviation puissante !

Telle est l’évidence. Par voie de conséquence, on est en droit de se demander si, en définitive, la conquête de l’air aura été, ou non, un bienfait pour l’humanité ? Que pèsent les satisfactions, les immenses possibilités de progrès social et de bien-être qu’elle apporte, au regard des effroyables destructions qu’elle est capable d’accomplir ? En 1939, la terreur règne. Elle règne depuis des années. Chacun sait qu’avec le rayon d’action des avions, il n’est plus un seul point du globe qui ne soit exposé à leurs coups. A toute heure et en tout lieu, la catastrophe peut fondre avec la brutalité de l’éclair.

[…]

La Terre se vante d’avoir conquis le ciel ? Erreur ! C’est le ciel qui a conquis la Terre. Il la domine, il la tient, nuit et jour, courbée sous sa puissance, sous l’emprise de la terreur. Le ciel se venge de l’homme qui a prétendu l’asservir. Il le force à s’humilier, apprenti-sorcier qui a déchaîné sur le monde une force géante dont il n’est plus le maître. Et, en fait de tourisme aérien, de voyages interplanétaires, il commence par le contraindre à d’abord creuser le sol, à s’y enfouir comme une bête apeurée au plus profond de son terrier.

Est-ce à dire que l’aviation soit à condamner, que cette invention de génie, si longtemps attendue, si longtemps espérée, soit aujourd’hui à regretter, à rejeter ?

Non, l’invention vaut ce que vaut l’homme. Celui-ci porte en soi son salut, ou son châtiment. Il lui appartient de le comprendre et de le choisir, lui si plein d’orgueil, si vain de sa puissance et dont l’intelligence, après vingt siècles, et davantage, de progrès dans l’ordre moral, intellectuel et scientifique, vient d’aboutir à la fabrication en série de cette merveille des merveilles, de ce joyau qui témoigne d’une manière éclatante de son degré de civilisation : le masque à gaz pour enfant nouveau-né.

L’aviation n’est pas responsable d’une telle situation. Elle demeure la plus haute, la plus pure des découvertes. Et, si elle est capable de supprimer un jour l’humanité et de la précipiter dans le néant, elle a aussi le pouvoir de lui ouvrir, demain, le champ sans limites du ciel.

Avant-propos de la deuxième édition (1958) (extrait)

[…] Une période de vingt années est donc venue s’ajouter à ce passé. Dans ce laps de temps relativement court, tout un monde nouveau s’est ouvert, un monde immense, car dans nul autre domaine que celui de l’aviation la rapidité du progrès n’a atteint un tel rythme. L’avance est impressionnante.

Des conceptions, naguère chimériques, semblant ne relever que de l’imagination ou du rêve, sont aujourd’hui réalisées, dépassées. Entre le songe d’Icare assemblant ses plumes d’aigle dans la cire molle, avant de s’élancer du haut du promontoire, et celui de l’ingénieur de l’époque moderne penché sur les plans de sa fusée géante destinée à atteindre les astres, la continuité n’a pas cessé de s’accélérer. Jusqu’où va-t-elle se poursuivre ? Peut-être que rien n’est impossible à l’intelligence de l’Homme ? Il le pressent, il le sent. Le seuil de cet espace effrayant où les notions de distances et de temps ne sont plus à sa mesure est entr’ouvert par son génie. Mais est-il fait pour lui ? Il n’en sait rien. Cependant avec un magnifique courage, il est prêt à s’y jeter.

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La vie, l’œuvre et les archives du général d’aviation et écrivain René Chambe (1889 -1983).

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