Des grandes manœuvres de septembre 1899 en Isère à celles de Gironde en 1911. René Chambe apprenait et préparait la guerre.

À l’heure où débutent les exceptionnelles manœuvres Orion 26, à l’heure où le contexte international n’est pas sans résonner avec des bruissements du passé, à l’heure où les regards se tournent vers une jeunesse que personne ne souhaite projeter dans un avenir troublé, l’état d’esprit de René Chambe apparaît dès son enfance comme un arbre soigneusement et solidement planté. C’est un arbre, au beau milieu du champ de bataille, secoué de turbulences, par endroits haché par les éclats de violence, qui tient bon, robuste et souple, certain de son utilité, enraciné dans une foi inébranlable en la victoire.

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Vers la Victoire et la Libération 2/2

Djerba 1944, la chienne du débarquement

Deuxième pièce à conviction de notre thème sur la Libération de la France : Djerba. Il ne s’agit pas de l’ile tunisienne, non, mais plutôt d’une chienne au destin extraordinaire ! C’est l’histoire d’une chienne qui a fait la campagne d’Italie que nous raconte ici René Chambe. Et la campagne ne lui suffisant pas, elle participa au débarquement de Provence le 16 août 1944. Dans ses « Propos d’un vieux chasseur de coqs », il lui consacre un émouvant passage.

« […] il n’est pas possible de ne pas dire auparavant au moins quelques mots de la chienne Djerba, que j’ai ramenée de la campagne d’Italie de 1944 :

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René Chambe Libération Limousin victoire 1945 Le Repaire Suzanne

Vers la Victoire et la Libération 1/2

Deux lettres exceptionnelles de René Chambe

Premières pièces à conviction déjà citées dans notre page sur l’engagement militaire de René Chambe, voici deux lettres écrites à ses proches, l’une à son gendre, l’autre à son épouse Suzanne. Elles forment un diptyque en forme de plaidoyer s’il en était besoin ! Ces lettres justifient ses actes, son engagement, sa vie. A méditer alors que la France s’apprête à célébrer les 80 ans des débarquements de Normandie et de Provence et de la Libération du pays.

Cette première lettre datée du 7 janvier 1943 est écrite dans le train qui le mène de Toulouse à Perpignan alors qu’une évasion se précise par un réseau actif à Palau-del-Vidre et Sorède (actuelles Pyrénées Orientales, là où Joseph Kessel a dû passer une poignée de jours auparavant, les 23 et 24 décembre, avec Germaine Sablon et Maurice Druon). Malheureusement, la tentative avorte. Chambe, arrivé sur place ne la jugeant pas fiable, préfère se retirer et revenir à Toulouse. Il s’engagera enfin quinze jours plus tard dans les Pyrénées par la voie d’Oloron et Licq. Chambe écrit cette lettre à Guy Jarrosson en sachant qu’elle sera lue et partagée, elle revêt un caractère solennel :

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L’engagement militaire de René Chambe. Le devoir chevillé au corps.

La guerre, j’étais fait pour ça ! René Chambe était-il un va-t’en guerre, un fanatique isolé de son temps seulement mu par ses passions et ses pulsions ? La réponse est non. En quoi cet homme, engagé volontaire, était-il un homme « de son temps » ? C’est précisément son engagement militaire qui nous intéresse ici. Tentons de saisir sa pensée à travers ses mots et un florilège de textes.

Le regard vers l’Alsace et la Lorraine

« La guerre est déclarée. C’est le plus beau jour de ma vie ! » (Route sans horizon, p51) Cette phrase ne semble pas figurer dans son carnet original mais René Chambe l’a peut-être écrite dans une version réécrite de son journal de guerre. Dans son carnet, on peut cependant lire : « Quarante ans qu’on attend !!! » et plus loin après avoir eu connaissance de la nouvelle le 4 août seulement « La guerre est déclarée, eh bien tant mieux !« .

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Décorations et distinctions militaires et civiles de René Chambe

Faudrait-il parler de ses premiers prix en dessin obtenus à l’école ? Ou encore de son premier permis de chasse ? Adoptons une attitude plus solennelle pour passer en revue ses distinctions officielles qu’il regardait en vérité avec beaucoup de modestie. Il était sans doute plus sensible aux citations. Ne répondait-il pas, sourire aux lèvres, à ses petits-enfants qui l’interrogeaient à ce sujet : « Ce sont mes trophées en gymnastique ! » Voici un aperçu le plus complet possible, du Mérite culturel roumain à sa plaque de Grand Officier de la Légion d’Honneur en passant par ses prix littéraires. Continuer à lire « Décorations et distinctions militaires et civiles de René Chambe »

Etre chef

Etre un bon officier, ce n’est pas uniquement être un bon combattant, c’est avant tout être un chef, un meneur d’hommes. Si le pivot central, la confiance, est bien ancré, alors le reste suit. Il n’est plus besoin d’être autoritaire pour faire autorité. C’est un long travail entrepris avec « ses hommes ». Et au moment décisif, un seul ordre bref et net suffit à déclencher le mouvement. Continuer à lire « Etre chef »

22 novembre 1918 : Entrée de l’armée française à Strasbourg

Le 22 novembre 1918, les troupes françaises du 1Oe corps d’armée du général Gouraud (IVe Armée) défilaient à Strasbourg pour célébrer dans les clameurs et la ferveur populaire le grand retour dans le giron français. Le capitaine René Chambe y était, au titre de commandant des forces aéronautiques de ce 10e corps. Très vite, il écrit ce récit gonflé d’émotion (extraits).

Ce texte est inédit.
Reproduction interdite.
Annoté par nos soins.

            Vendredi 22 Novembre 1918. 10 Heures du matin… instant inoubliable. Après quarante-huit ans, nos troupes rentrent à Strasbourg…

            La minute qui sonne est parmi les plus grandes de l’Histoire, parmi les plus éblouissantes de la gloire française. Continuer à lire « 22 novembre 1918 : Entrée de l’armée française à Strasbourg »

Dolly, la fille du général Chambe sur le front d’Alsace de l’hiver 1945

De bonnes raisons imposent d’évoquer « Dolly ». Elle était la fille aînée de René Chambe, née le 20 octobre 1919 à Vaulry dans la maison familiale maternelle du Repaire. En 1939, à 19 ans, elle se maria avec Gérard de Vachon d’Agier, jeune officier de marine de 23 ans. Mais suivons-là durant l’hiver 1944-1945.

A ce moment-là, son père est attaché à l’état-major du général de Lattre de Tassigny à la tête de la 1re Armée Française. Les hommes doivent affronter des coups de froids terribles et il n’en faut pas plus à Dolly pour remuer la petite société de Vaulry et de la Haute-Vienne ! Continuer à lire « Dolly, la fille du général Chambe sur le front d’Alsace de l’hiver 1945 »

Lettre du front – 13 mars 1916 – extrait

Voici un extrait exceptionnel où René Chambe relate un combat aérien livré la veille par une escadrille toute entière. La bataille date du 12 mars dans le ciel de Verdun. En effet, à l’injonction de Pétain adressée au commandant de Rose « Je ne vois rien ! Rose, nettoyez-moi le ciel ! », ce dernier recrute dans les meilleures escadrilles une équipe de choc pour rééquilibrer le ciel de Verdun durant tout le mois de mars 1916. Mais ce qui est surtout intéressant, c’est ce que notre jeune aviateur constate sur la forme nouvelle prise par les combats aériens.

Lettre de René Chambe à son frère Joseph du 13 mars 1916.

[…]
Hier, nous avons livré une véritable bataille rangée à 2800m contre 18 avions boches. Continuer à lire « Lettre du front – 13 mars 1916 – extrait »

Lettre du front – 12 mars 1915

Sacré soldat, non seulement par le tempérament de battant au sens large, mais par la volonté ferme de s’expliquer et de convaincre son frère, prenant le temps d’écrire une lettre et des idées clairement et fermement exprimées.

Lettre de René Chambe à son frère Joseph du vendredi 12 mars 1915

            « Vendredi 12 mars 1915

            Mon cher Jo la lettre que tu viens de m’écrire m’a un peu étonné ainsi que tu t’y attendais. Continuer à lire « Lettre du front – 12 mars 1915 »